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Le Festival d’Angoulême, miroir du monde la BD ?

Le Festival d’Angoulême est-il devenu le miroir des dérives de notre profession ?

Cela fait déjà 17 ans que je suis auteur de bande dessinée et j’avoue que le FIBD représente pour moi beaucoup de mauvais souvenirs et pas mal de rendez-vous manqués… Et pourtant, j’ai apprécié les nombreuses rencontres avec les lecteurs et les autres collègues mais en fait, tout au long de l’année, je peux vivre ces bons moments dans d’autres salons bien plus accueillants comme Quai des bulles à Saint-Malo, SoBD à Paris ou encore le FestiBD à Moulins.

La 43e édition du FIBD n’a finalement été qu’une consécration de la gabegie de l’équipe dirigeante tandis que le SNAC publie un rapport alarmant sur notre profession moribonde, faisant part du cynisme d’une partie des éditeurs et des institutionnels, de la condescendance des décideurs culturels envers la grande majorité des auteurs, de la misogynie de ce genre de structure, du manque de respect pour le public et la majorité des auteur(e)s, d’une communication désastreuse et enfin du mauvais goût affiché par le directeur de ce festival lors d’une pseudo remise des prix digne d’un mauvais film de Max Pecas.

Suis-je étonné ? Assez peu, en vérité, mais j’avoue que je n’imaginais pas que ce lamentable spectacle qui s’offrait à nous depuis des années déjà allait atteindre des sommets d’abjection en si peu de temps.

La première fois que j’ai été invité à me rendre au FIBD, c’était en 2000 pour la sortie de ma BD, Le prophète de Tadmor (Vents d’Ouest). Qu’en ai-je gardé comme souvenirs ? Une drôle d’impression : rien n’était proposé aux auteurs, aucun respect n’était montré pour nous alors que nous dédicacions toute la journée et, comble de l’horreur, mes albums vendus sur place n’étaient pas comptabilisés dans nos droits (le libraire Glénat de l’époque me l’avait confirmé de vive voix). Résultat : une bonne semaine au lit à cause d’un rhume carabiné pour avoir vendu mes BD sans en tirer le moindre bénéfice, que ce soit au niveau des droits ou de la visibilité médiatique. J’ai pris la décision de ne plus y retourner…

3cochons2007… Je suis retourné dans ce salon car mon album Les trois Petits cochons (EP jeunesse) était sélectionné pour le prix des collégiens et que l’on m’avait proposé de dédicacer en librairie. Sur place, le dessinateur et moi étions pris en charge par des employés de l’Académie de Poitiers et certains bénévoles du salon… Le soir de la remise des prix, nous avons appris que nous ne l’avions pas obtenu, sans plus de précisions. Toutefois, nous sentions un malaise de la part de certains enseignants présents. Au niveau du logement et des repas : niveau zéro ! Je suis reparti avec un goût amer même si le public des collégiens avec qui nous avions diné nous a apporté du baume au cœur. Pour le reste…

Le mois suivant, je suis contacté pour une rencontre avec des professeurs de cette Académie (payé au tarif de la charte). Sur place, j’ai appris de l’un des professeurs, sous le sceau de la confidence, que le prix qui a été décerné à des collègues talentueux devait nous revenir. J’ai insisté pour en savoir plus puis il m’a expliqué que nous étions arrivés en tête dans quatre des cinq collèges et dernier dans le cinquième tandis que ceux qui avaient obtenu le prix n’étaient arrivés premier que dans un seul collège. Et d’ajouter que notre éditeur n’ayant ni le poids ni la « diplomatie » requise vis à vis du FIBD nous a desservi dans cette affaire par rapport à l’autre maison d’édition. Et pour finir, il m’a dit que pour avoir bonne conscience on m’avait invité (et au passage payé) à cette rencontre pro pour me « récompenser » indirectement. Que penser de cette histoire ? Sur le moment, j’étais profondément dégoûté même si je savais que notre éditeur, qui avait un comportement de gougeat, nous desservait très souvent. Mais bien après je me suis dit qu’au moins ceux qui avaient eu le prix étaient de véritable auteurs jeunesse dont j’appréciais le travail et qu’un prix n’était après tout qu’une récompense relative et subjective.

BD paritéL’année suivante, j’y suis retourné pour les mêmes raisons puisqu’un autre de mes albums était sélectionné pour le prix des collégiens : Le petit Mamadou Poucet (EP jeunesse). Avec d’autres auteurs, j’avais participé à un ouvrage collectif sur les discriminations faites aux femmes dans le cadre du travail : cette BD a été réalisée en partenariat avec les Mutualités françaises et nous étions conviés à la dédicacer dans leur agence d’Angoulême. Je suis rentré chez moi avec un gros rhume (une habitude) et l’impression d’avoir perdu mon temps (encore plus que les fois précédentes). Les organisateurs du salon nous avaient écarté de la remise du prix et les dédicaces n’avaient servi qu’à arrondir la trésorerie de l’éditeur qui avait trouvé un arrangement avec la librairie et, pour le coup, nous n’avions pas été crédité de nos droits. Je n’ai eu la confirmation de cela qu’en 2011 ! Je décidais de ne plus y retourner et j’en avisais l’éditeur qui avait fait mine de me comprendre…

Turcos le making-offL’année 2012 a été une date clé pour moi dans ma relation avec le FIBD car j’allais vivre la réalité de ce festival en tant qu’auteur mais aussi en tant qu’éditeur « indépendant ». Jusqu’à ce jour, j’avais préféré ne pas en parler… Mais il y a péril en la demeure et chaque expérience d’auteur peut donner à réfléchir aux autres.

François Bayrou découvre la Guerre des Gaules

En automne 2011, José Jover et moi avions rendez-vous dans les bureaux parisiens du FIBD en tant que représentant de notre structure éditoriale (Tartamudo), en compagnie de Kamel Mouellef au nom de son association et comme co-éditeur de ma BD Turcos (Tartamudo). Je pense que cette entrevue avec le directeur artistique et la responsable de communication du FIBD a été un grand moment de vérité pour moi. En effet, le directeur artistique m’a menti sans vergogne à plusieurs reprises et m’a pris pour un con lors de cette réunion où il est arrivé avec 30 minutes de retard. Sans rentrer dans les détails, je suis ressorti de cet endroit en me disant qu’ils n’y connaissaient rien à la BD et qu’ils ne nous respectaient pas. Je le savais déjà, j’en avais la preuve maintenant !

Dès le début du mois de janvier, j’avais exprimé mes craintes sur la situation de notre profession en écrivant un petit article intitulé : La BD est en danger ! Cela a suscité une polémique sur le site ActuaBD qui avait repris mon article. A cette occasion, j’ai reçu de nombreux témoignages de collègues qui pensaient comme moi.

Fin janvier 2012… Nous avons pris un stand (financé en grande partie par la région Rhône-Alpes partenaire de notre BD, sans quoi nous n’aurions pas pris de stand sans intérêt économique pour nous). J’ai cédé gracieusement au FIBD les droits pour le visionnage de mon documentaire et notre maison d’édition a offert une cinquantaine de BD Turcos à des collégiens de la ville. En retour qu’avons-nous obtenu ? RIEN ! Du mépris, du mépris et encore du mépris ! Nous avons raté la rencontre à cause d’un retard de train (5 heures à attendre à Saint-Pierre-des-corps)… En arrivant à Angoulême, l’accueil était au dessous de tout ! La responsable de la communication s’est même permis de nous injurier devant notre ami et éditeur José Jover comme si nous avions sciemment oublié d’aller à cette rencontre. Quelle ingratitude ! José m’a sagement conseillé de rester calme et de ne pas lui rappeler les règles de base de la vie en société. Le bilan économique de ce salon a été moyen pour nous : ni perte ni recette… Pour la visibilité médiatique, nous l’avons eue car nous avons proposé des choses pour l’obtenir, en plus de la visite surprise du candidat François Bayrou sur notre stand. Si c’était à refaire, je ferai payer le documentaire et les albums !

Nous avons pris la décision de ne plus participer à ce salon et, depuis cette date, nous n’y sommes plus retournés.

En juin 2014, la situation s’étant encore dégradée j’avais mis en ligne un long article sur le site de Médiapart (L’avenir de la BD est au bout de nos crayons !) repris sur le site ActuLitté. Mes craintes ne faisaient que se confirmer à mon grand désarroi. Notre métier malade était maintenant moribond…

Je suis convaincu en écrivant ces lignes que le FIBD n’a fait que dévoiler les turpides de ceux qui profitent de notre travail à tous les niveaux mais aussi révèle la crise très profonde qui risque d’engloutir de nombreux auteur(e)s… Des collègues femmes ont ouvert la boîte de Pandore en revendiquant à juste titre le manque de femme dans la sélection. Je suis toujours convaincu que ce combat, bien que noble, n’est pas le plus essentiel. Je me suis exprimé assez longuement à ce sujet pour ne pas revenir dessus. J’ajouterai même que les résultats de l’enquête sur notre métier viennent confirmer mes dires, à savoir que le combat est avant tout social et économique et que nous sommes dans une lutte des classes. Nos adversaires en ont conscience depuis toujours, la plupart des auteurs pas vraiment… Hélas !

Eric Wantiez et Antoine Ozanam se sont exprimés avec justesse sur le festival d’Angoulême et je suis en parfait accord avec ce qu’ils ont dit avec force et justesse. J’irai plus loin en ajoutant que l’actuelle direction (la précédente également) n’est pas arrivée par hasard à la tête du FIBD. Les politiques sont complices en confiant à une entreprise privée autant de prérogatives sans contre-parties alors que les fonds sont en majorité publics, les grandes structures éditoriales également en laissant faire (par calcul politique, par manque d’intérêt ou par ignorance ?), nous les auteurs en accordant autant d’importance à ce salon qui se déroule en hiver dans une ville sans capacité hôtelière digne de ce nom pour un événement de cette envergure où tout est payant pour tout le monde sans que nous soyons rétribués pour faire le « show »… Le FIBD aurait dû être la grande messe de la bande dessinée, un lieu de rencontre de débat et d’affaires (pour les auteurs aussi) mais c’est avant tout un super marché de la BD avec une remise de prix que l’on attribue aux « copains » et à une BD qui ne représente trop souvent qu’une infime partie du public.

Il est temps de construire autre chose… Les auteurs ont des idées. Je pense qu’une partie du public et des partenaires publics seront prêts à nous soutenir si nous montrons un front uni.

12512563_436790303178962_2902156386638483533_nLe site du SNAC : http://www.snac.fr/

 

Pourquoi j’ai voté José Jover !

« Le meilleur moyen de prévoir le futur, c’est de le créer »
Peter Drucker

Je viens de voter pour José Jover, Farid Boudjellal et Edmond Baudoin lors de ce premier tour du 43e grand prix du FIBD.

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Pourquoi expliquer un choix qui, au demeurant, est personnel et secret ? Le contexte de ce vote qui frôle le ridicule, et la polémique qui a devancé celui-ci, m’oblige à m’exprimer en dehors des réseaux sociaux. Tout a commencé par un « grand coup de gueule » justifié de nos collègues auteures lorsque la liste des candidats a été publiée par l’équipe qui dirige le FIBD (festival international de bande dessinée) : je précise que c’est une entreprise de droit privé qui gère un événement recevant essentiellement des subventions publiques, où les éditeurs payent tout sans parler du prix d’entrée prohibitif pour déambuler dans un supermarché de la BD. Dans une sorte de conciliabule, sans transparence aucune (comme la gestion du festival), une liste sort de leur chapeau. Celle-ci est composée uniquement d’auteurs hommes comportant des noms qui reviennent chaque année comme si à l’usure nous finirions par leur accorder notre voix. Pas une femme dans cette fichue liste ! Oui, ce conciliabule, loin des réalités de notre métier, pense qu’aucune de nos collègues féminines ne peut prétendre à ce titre. La réaction de ces dernières que je comprends ne se fait pas attendre : elle est claire et efficace puisque cet affront devient vite un sujet de discussion puis LE sujet de discussion sur les réseaux et dans quelques médias. Il ne faut pas perdre de vue qu’au même moment, l’IRCEC (organisme gérant les caisses de retraite des auteurs) menaçait d’envoyer des huissiers aux auteurs n’ayant pas encore payé leur annuité de retraite complémentaire ; mais là, c’est un sujet qui n’intéresse personne et surtout pas les médias.

La polémique a éclaté finalement au grand jour lorsque un des auteurs sélectionnés a commencé à « jouer la même partition » que ce collectif d’auteures ayant de justes revendications. Aurait-il agi de la sorte sans ce scandale ? Je ne pense pas… Dans la France d’aujourd’hui le non respect de la parité et la discrimination des « Français de seconde zone » sont devenus des pratiques normales. Le monde de la BD n’est pas plus à l’abri que d’autres secteurs d’activité. Les médias nationaux se sont emparés du sujet car porteur en terme d’audimat : femme, discrimination, égalité… Comme le dit fort justement Julie Maroh, l’angle d’attaque des grands médias est assez ambigu puisqu’il a abordé ce problème à travers les positions des auteurs qui se sont désistés pour des femmes.

Il y a donc un incendie dans la « maison FIBD » mais le pyromane/pompier ne s’est pas encore exprimé pour le moment… Le directeur du festival a fini par se déplacer sur Canal+ pour nous tenir un discours édifiant et surtout très loin des préoccupations des auteures et, plus généralement, de notre profession… Pathétique !

C’est surtout le constat que les auteur(e)s n’ont aucun moyen de se faire entendre lorsqu’ils portent des revendications : il faut faire du bruit pour que ce ou ces messieurs daignent répondre à la télévision, marquant ainsi la différence qui existe entre nos deux mondes. Le FIBD devrait être un outil au service des auteurs mais en réalité, il sert aux très gros éditeurs et à certains auteurs cooptés. Nous sommes véritablement dans un rapport de force frontal depuis des années déjà.

Ce n’est qu’à cet instant que j’interviens dans le débat ! J’ai décidé de publier mon point de vue sur cette affaire qui me concernait en tant que scénariste. J’ai choisi de le faire dans un groupe de discussion facebook regroupant des auteur(e)s. A ma grande stupéfaction, je me suis retrouvé au tribunal de la bien-pensance pour avoir osé affirmer que le vrai combat était d’abord celui de notre statut et de la possibilité de vivre décemment de notre art. Ubu roi sort de ce corps ! La réaction a été immédiate. Durant cette matinée, je me suis retrouvé accusé de misogynie, qualifié de réactionnaire, d’avoir peut-être dit des choses que je ne pensais pas vraiment (traite-moi de débile aussi !), de raciste (d’une manière assez alambiquée) et pour finir une auteure s’est mise à m’insulter sous des « j’aime » mesquins de quelques auteurs profiteurs de ce système moribond où les plus faibles sont laminés. Quel a été mon tort ? J’ai parlé de lutte des classes et j’ai affirmé la chose dans les termes suivants :

« Le VRAI problème n’est pas homme ou femme MAIS la possibilité de vivre de son travail d’auteur que l’on soit homme ou femme ou autre ! Donc ce débat (au demeurant important) n’est que secondaire et va occulter l’aggravation de la situation des auteurs ! »

Je m’attendais à des réactions vives, une vraie discussion car je respecte la position de mes collègues femmes.  Je n’imaginais pas que le tribunal de l’inquisition se mettrait en branle de la sorte et que les seuls arguments qui viendraient apporter la contradiction à mon propos seraient de l’ordre de l’affect et de l’invective. Ou alors le concept de lutte des classes est devenu une insulte, voire même une pensée interdite dans notre monde idéal ! J’ai finalement décidé de supprimer la discussion et de la reprendre avec d’autres auteur(e)s en aparté : il m’a semblé évident que celles qui m’ont condamné sans procès avaient un problème de lexique et ne comprenaient pas la signification de « lutte des classes ». Mon propos a peut-être été mal compris et j’aurais volontiers précisé le fond de ma pensée mais après de telles réactions primaires, la discussion n’avait plus de raison d’être. Je ne pense pas que ce combat féministe soit une erreur ou une perte de temps. Au contraire, c’est une lutte qu’il faut mener au nom de la dignité et du respect des autres. Louise Michel était une femme de grand talent, une véritable féministe (son rôle historique et politique m’inspire beaucoup)… Elle a combattu les classes dominantes de son époque car elle savait bien que c’était l’un des moyens de réduire les inégalités qui touchaient le plus souvent les femmes. En 2016, la situation s’est améliorée pour les femmes mais les inégalités perdurent toujours et pour mieux les combattre il faut réduire celles-ci en premier lieu.

Le monde de la BD vit à deux vitesses… Il y a une grande majorité d’auteurs qui vivent une réalité violente de leur métier et d’autres qui pensent que nous devons nous battre pour que ce système vérolé perdure car ils en profitent encore. Hélas, je pense que ce système de fonctionnement est bel et bien mort et que nous devons penser à un nouveau paradigme… C’est une des raisons qui me poussaient à croire que ce combat n’était qu’un leurre, un os à ronger au moment où l’État nous affaiblissait encore plus. Combien de femmes éditeurs ? Combien de femmes à la tête d’institutions culturelles de dimension nationale ? Quasiment aucune car nous vivons dans un monde régit par les rapports de classe (masculin et blanc en majorité). Il suffit d’imaginer qu’en Iran il y a plus de femmes à l’assemblée nationale qu’en France… On marche sur la tête !

J’avais donc lancé cette discussion pour avoir un échange et je me suis fait écharper par des auteur(e)s tandis que certains semblaient penser que le problème n’était pas là… Pour le coup, je les laisse se prendre une bonne claque ! Le tableau n’est pas si sombre, certains auteurs ont compris depuis longtemps la gravité de la situation et sont déjà sur d’autres pistes : autoédition, regroupement, maison d’édition plus souple, etc…

Mais revenons à ce vote… Nous étions dans l’insulte faite à l’intelligence en ne nommant aucune femme pour passer à la grande mascarade avec de nombreux désistements (de peur de passer pour misogyne) et enfin finir par la possibilité de voter pour n’importe qui : le grand prix est mort !

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C’est à ce moment précis que l’idée de créer un comité pour soutenir la candidature de José Jover m’est apparu comme une évidence. En effet, nous pouvions enfin choisir démocratiquement un auteur représentant notre façon d’envisager le métier et ayant une carrière bien entamée par ailleurs. C’était aussi une manière de répondre à cette grande farce par l’humour absurde. Autrefois le grand prix était attribué par les anciens lauréats (aristocratie) puis un changement s’est opéré avec le vote de la profession pour une liste de choix sans réel critère objectif (ploutocratie) et pour finir, en 2016, avec la possibilité de choisir un auteur à l’exception des précédents lauréats. Là encore, une nouvelle polémique surgit, montrant à quel point ce débat est navrant tout comme l’équipe qui dirige le FIBD. Était-ce un leurre ? J’en suis encore plus convaincu !

Toutefois, mon soutien (ainsi que celui d’autres auteur(e)s et ami(e)s) pour la candidature de José Jover mais aussi Farid Boudjellal et Edmond Baudoin répond à une véritable envie de changement politique du FIBD et de reconnaissance pour une manière de vivre la BD loin du « salon Mercure » et autres endroits feutrés de la ville d’Angoulême.

Pourquoi ce choix ?

José Jover est avant tout un auteur qui a commencé dans les années 80 comme dessinateur de BD dans de nombreuses revues puis chez des éditeurs comme Glénat. En 1999, il choisit de monter sa structure éditoriale pour continuer de faire ses albums militants et travailler sans compromission. Farid et Edmond ont participé à cette aventure… Il a également lancé de jeunes auteurs comme Vinz el Tabanas et d’autres encore ont signé des séries chez Soleil après avoir suivi ses cours de BD. En tant qu’auteur, il a sorti des albums et plus de 250 publications avec le milieu scolaire et les publics marginaux. En 2010, j’ai rejoint sa maison d’édition pour ne plus participer à la grande mascarade dans laquelle nous étions : un choix de liberté que j’assume.

Tartamudo s’est métamorphosée ces dernières années et cela a été possible parce que José Jover est un auteur avant tout qui aime les livres et la BD. Il a accepté de transformer sa maison d’édition classique en structure collective où le but premier est de réaliser de beaux ouvrages. C’est un combat de tous les jours !

Pour toutes ces raisons, j’ai voté José Jover car c’est un professionnel qui a une belle carrière et a joué un rôle dans la diffusion de la BD dans les classes les plus défavorisées, auprès des jeunes et, en général, auprès de toutes les personnes qui ont pu le croiser en salon. Il aime son métier et se bat tous les jours pour proposer un autre modèle que celui des structures qui ne considèrent les auteurs que comme de la main d’œuvre (homme ou femme). Il mérite d’être président tout autant qu’un autre auteur de sa génération.

Toute cette campagne est finalement partie d’un constat simple : il faut témoigner qu’une autre manière de faire est possible !


A voir également le cri d’alerte que j’avais lancé en 2012 sur Mediapart puis le débat qui s’en était suivi sur ActuBD. Quatre ans plus tard, rien n’a changé… La situation s’est même dégradée pour bon nombre d’auteur(e)s.

La page officielle sur facebook : Comité de soutien pour la présidence de José Jover au 43e FIBD

Revue de presse : Grand Angoulême

Un article dans le journal d’Angoulême sur Bastek et Oré… Avec une photo où l’on voit l’un de mes collages qui a déjà trois ans d’existence.
Revue de presse

Une dédicace de Cabu

Je voulais partager cette dédicace de Cabu avec vous. Nous étions dans une librairie à Angoulême pour y signer nos ouvrages respectifs… C’était mon voisin et il était drôle et fin… Lors de notre discussion, je lui ai parlé des contrôles au faciès et autres abus de la police que j’avais eu à subir ou constater auprès d’amis… Au moment de lui demander une dédicace sur un de ses livres, il me dessine en train de choper télé-sarko… Bref, un grand moment.
cabuI wanted to share this drawing of Cabu (French drawer) with you. We were in a bookstore in the comiccon of Angoulême, where they signed our respective works … It was my neighbor and he was funny and ending … During our discussion, I told him about the controls on appearance and other abuses of police that I had had to suffer or see from friends when requesting a dedication on one of his books, he draws me being busted Sarkozy … In short, a great time.

Graffiti Knitting at Angouleme Comics Festival 2012 | Whodunnknit

Je viens de découvrir cet article qui parle du Festival BD d’Angoulême de cette année durant lequel j’ai collé des Men at work avec Bastek qui, lui, collait ses toiles… Une soirée de samedi bien colorée pour la rue !

I just found this article about the FIBD in Angoulême. This year during the FIBD I stuck my Men at work and Bastek his paintings … A good Saturday night for the colorful street!

Extrait de l’article / Excerpt from Article : Zut alors! What do you get if you mix one yarnstorming graffiti knitter, one pile of insanely coloured yarn and the biggest comics festival in Europe? You get the Weekend of the Woolly Wildflowers!

I work my woolly magic at The Fleece Station, a studio in deepest Deptford which I share with not one but two comics-making geniuses, and in the year or so since I’ve been there I have learned that comics aren’t all superheroes and slapstick. In fact there are some bloomin’ amazing things going in the comics world.

And the Angouleme Festival International de la Bande Dessinée (Angouleme Comics Festival for those of us less French) is the jewel in the shiny comics crown. Everyone who is any one in comics goes and it takes over the whole city. Not just inside at exhibitions, the comics literally run wild on the streets! It’s fantabulous!

Street art is huge in Angouleme, with comic characters and all sorts of other inspiring graffiti goodness appearing in the city. How could I resist?

If you’re going to yarnstorm you have to do it properly. Since I’m not really a ‘socks on lampposts’ gal I needed a focus. Who best to knit but the festival’s mascot?

Ladies and gents, meet Le Fauve the Angouleme Festival Cat, created by comics-god Mr Lewis Trondheim. Say ‘bonjour’ Le Favre…

Collage Tarek and Bastek

 via Graffiti Knitting at Angouleme Comics Festival 2012 | Whodunnknit.

FIBD 2012 // visite de François Bayrou

Pour se procurer la bande dessinée TURCOS :

      

Tarek présent au Maghreb du livre

18ème édition du Maghreb des Livres aura lieu les 11 et 12 février dans les salons de l’Hôtel de Ville.