Étiquette : banlieue

Live painting à l’exposition « On a tous besoin d’un mur »

KotowMes œuvres seront visibles tout le mois de novembre à l’exposition ON A TOUS BESOIN D’UN MUR. Le 10 novembre à partir de 17 heures vous pourrez assister à ma performance sur le mur.

FJT, 21 rue d’Alsace
Entrée libre aux heures d’ouverture de la structure
Infos : 01 30 33 20 03 ou fjt-mantes.org

Paris Tonkar // old school graffiti in Paris

Totalement cartonnée à partir de la fin des années 80, Paris devient un des plus grands spots européens. Allant jusqu’à intriguer outre-atlantique par son vandalisme et sa créativité, les writers parisiens et de sa banlieue ont frappé fort. Très proche de l’esprit de l’époque, Paris Tonkar qui sort en 1991 est le premier ouvrage entièrement consacré au tag et au graffiti en France mais aussi en Europe. Ce livre culte a brillamment retranscrit l’éclat de ce milieu durant les années 1987 à 1991. Une édition anniversaire est en préparation pour la fin de cette année !

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Fully tagged from the late ’80s, Paris became one of the greatest spots in Europe. Up to intrigue the USA by vandalism and creativity, the writers in Paris and its suburbs were hit hard. Very close to the spirit of the time, Paris Tonkar released in 1991, is the first book devoted entirely to graffiti and tag in France but also in Europe. This book transcribes the brilliance of this medium during the years 1987 to 1991. An anniversary edition is in preparation for the end of this year!

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In Memoriam // Moebius

Au moment où j’apprends la disparition de Moebius, un souvenir très fort envahit mon esprit… A l’époque où j’habitais encore Malakoff, commune des Hauts de Seine où j’ai passé une grand partie de ma vie, je ne pouvais imaginer si proche le grand maître, celui qui m’a donné envie de dessiner des lettrages en forme de nuages, celui qui m’a montré à quel point la BD pouvait être onirique et de qualité narrative tout en restant simple… Bref, Moebius habitait à 400 mètres de chez moi et je ne le savais pas jusqu’à ce que mon premier album sorte en 2000 !

Je reçois mes exemplaires auteurs et des amis de ma famille souhaitent le voir pour me féliciter (ils sont musiciens). Je décide donc de les retrouver un soir pour leur montrer ma première bande dessinée (et bien sûr leur offrir un exemplaire !). Nous buvons un café quand soudain Paule, la maîtresse des lieux, me dit : « Tarek, tu sais notre voisin fait le même métier que toi ! ». Etonné, je la questionne pour en savoir plus, pensant qu’il s’agit d’un auteur débutant comme moi. Et elle ajoute : « Cet été, il a fait des travaux et les ouvriers ont fait beaucoup de bruit… Pour se faire pardonner, il nous a offert une planche de dessins… » Je la coupe aussitôt pour lui demander le nom de cet inconnu. Elle me dit en souriant :  » Il a un nom bizarre… Mobus ou plutôt Mobis… » Là, je suis scotché au canapé et lui lance « Moebius ! »… Elle me rétorque :  » Oui, c’est bien ça ! Il est sympa et franchement il dessine bien. »
Nous continuons de deviser et, juste avant de partir, elle me propose d’aller le voir… Je décline cette invitation, trop impressionné pour oser le rencontrer, même si j’ai tant de choses à lui demander…
Quatre and plus tard, je n’habite plus à Malakoff mais en province. Je suis invité dans un salon à Buc. Moebius est l’invité d’honneur. En fin de journée, je vais le voir avec mon Surfer d’argent, Arzach et Le Garage hermétique sous le bras : une personne travaillant dans une maison d’édition me voyant me diriger vers lui me lance : « Monsieur Giraud ne dédicace que le dernier Blueberry !! » Je lui dit tout calmement que je ne suis pas amateur de cette série et que je souhaite rencontrer Moebius (je l’appelle ainsi car je n’ai lu que les BD de Moebius !) ; celui-ci remarque ma présence et je lui dit en souriant que j’ai grandi près de chez lui ! Son regard change et il se met à taquiner le « sbire » qui faisait barrage puis il me propose de le rejoindre… Nous discutons de la vie et des choses les plus ordinaires qui soient (un moment unique) puis j’ose et lui demande des dédicaces sur tous mes albums. Il me dit en souriant : « ouf, tu es le premier de la journée qui me demande des dédicaces sur ces BD! »… Un surfer d’argent, une étoile puis un sergent… Je repars heureux avec mes albums, fier de cet instant privilégié passé avec lui à ne pas parler de BD mais de musique, de livres et de nous, tout simplement…
J’imagine qu’il est en train de dessiner là où il est…

Bon voyage et merci encore !

In the days when I still lived in Malakoff, town of Hauts de Seine (France), where I spent a large part of my life, I couldn’t imagine the great master so close to home, one that made me want to draw lettering in bubble style, the one who showed me how comics could be and dreamlike narrative quality while remaining simple. Anyway, Moebius lived 400 meters from home and I did not know it until my first album was released in 2000!
Friends of my family want to see my comic to congratulate me; they are musicians! I decided to find them one evening to show them my first comic book and of course give them a copy! We drink coffee when suddenly Paule, the hostess, said: « Tarek, you know our neighbor does the same job as you! » Astonished, I question her for more, thinking he is a writer beginner like me. And she adds: « This summer, workers have a lot of noise during construction in our neighbor… To be forgiven of buit caused by work, he gave us drawings. » I cut immediately to ask him the name of the unknown. She said with a smile: « It has a weird name: Mobus, perhaps Mobis? » There I am amazed and suggested the name: Moebius. She retorts: « Yes, that’s right! It is nice and frankly it draws well. » We continue to converse and, just before leaving, she suggests I go see him. I decline that invitation, too impressed to dare meet him, although I have so much to ask. Four years later, I no longer live in Malakoff and I am invited into a comics convention: Moebius was the guest of honor. By late afternoon, I have my « Silver Surfer », « Le Garage Hermétique » and Arzach tight under my arm. A person working in a publishing house saw me coming towards him to Moebius. He said: « Mr. Giraud does not sign his other comics only that comics Bluberry! « I said to him calmly that I am not a fan of this series and I want to meet him. Moebius sees me and I said to him, smiling that I have grew up near his home! His look changed and he began to tease the « thug » who was the dam and then he offered me to join him… We are discussing life and the most ordinary things that are and then I dare ask him for dedications on all my albums. He said with a smile: « phew, you’re the first of the day asking me for autographs on these comics! »… A silver surfer, a star, then a sergeant… I leave happy with my albums, proud of this moment privileged spent with him not to talk about comics but music, and books… I guess he is busy drawing where it is… 

Bon Voyage and thank you again!

Men at work #8/111 // Cayenne, 2012

Girl in the city #5 // Cayenne, 2012