Interview réalisée pour Superposition

18318956_1175726952554969_7254545824461340724_oTon parcours en quelques mots ?
Très jeune, j’ai eu une envie d’écrire des livres mais aussi dessiner des histoires. Pour le coup, j’ai consacré tous mes efforts et mes apprentissages dans ce sens. Quand le graffiti arrive à Paris au début des années 80, je me sens tout de suite concerné par ces écritures « étranges » sur les murs puis je commence à taguer vers 1985, ce qui va changer ma vie puisque de cette pratique « illégale » va naître mon livre Paris Tonkar publié en 1991. Un premier pas dans l’édition… Mais aussi ma pratique de la peinture avec une première exposition en 1992 à l’espace Chapon lors de l’événement « Paris graffiti ». La bande dessinée arrive plus tard en 1999 : je deviens scénariste à temps plein ! J’ai également une formation universitaire à la Sorbonne en histoire médiévale et en histoire de l’art : des bases solides pour travailler et apprendre à apprendre.

Pourquoi le street-art ?
Tout simplement parce que j’aime créer des œuvres dans la rue avec ce sentiment d’y laisser une trace ou une création qui, par nature, est éphémère : collages ou murs. En outre, j’aime aussi l’idée de me dire que je mets des couleurs dans la rue grise et sans âme. L’art de rue est d’abord un moment d’échange avec les gens et c’est aussi un espace où tout est possible pour l’art : photographie, installation, collage, muralisme et audiovisuel. Je considère la rue comme un des supports possibles pour ma création. J’adore peindre devant des gens car la communion qui s’installe lors de ces réalisations ajoute une part mystérieuse et éthérée à ma vision du monde que j’aime retranscrire sur un support défini.

P1590837Comment définirais-tu ta « patte », ton univers ?
Je suis un ardent partisan du Beau et de la couleur. Celle-ci est très présente dans mon travail tout comme le symbolisme. Un jour, un critique d’art américain a défini mon travail en peinture comme suit : « Il y a du Keith Haring dans votre travail tout comme du Basquiat mais ce n’est ni du Haring, ni du Basquiat mais du Tarek ! »… Je pense qu’il avait mis le doigt sur ma vision de l’art qui reprend celle de ces deux excellents peintres : ma peinture est à la fois populaire mais sans concession, très cérébrale et réfléchie mais accessible, authentique et universelle, brute mais construite. Elle aussi complexe que ma personnalité traversée par de nombreux questionnements et des identités multiples. La bande dessinée, le graffiti, la calligraphie, le pop art, la figuration narrative et le symbolisme sont les ferments de ma production picturale.

Quelles sont tes inspirations ?
Mes références sont multiples et en dresser une liste exhaustive à la Prévert ne pourrait donner qu’une idée parcellaire de mes sources d’inspirations. Je pense qu’un souffle intérieur guide ma main sur la toile et me permet de réaliser ce qu’il y a de plus profond dans mon for intérieur. J’apprécie l’art pariétal, le vaudou et les expressions artistiques traditionnelles ou primitives. Je suis curieux et tout ce qui peut m’apporter une richesse supplémentaire dans mon imaginaire, je le prends puis le case dans un coin de ma tête. Mon peintre favori est Kandinsky…

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Quelles sont tes obsessions ?
La rigueur et l’envie de bien faire en allant jusqu’au bout des choses…

Trois adjectifs qui te définissent / définissent ton travail ?
Sincérité, jovialité et régularité.

Est-ce que tu es plutôt un oiseau de jour ou de nuit ?
Un hibou.

Pourquoi avoir choisi ce médium / ces médiums ?
Je n’ai rien choisi mais ils ont décidé de faire partie intégrante de ma vie : la photographie, la peinture, la calligraphie, l’écriture et le muralisme sont des facettes de ma personnalité. En quelque sorte des manifestations de mon être.

Peux-tu me parler de l’écriture ?
C’est une discipline qui nécessite de la rigueur et de la constance. Dans un monde où la médiocrité est devenue la règle, seule l’art d’écrire permet de reconnaître ceux qui travaillent. On ne peut guère mentir lorsque l’on se retrouve devant la page blanche. L’encre est une amie pour les véridiques et un poison pour les hypocrites.

Que vas-tu exposer à la Galerie Superposition ?
Une sélection de mon travail actuel avec des œuvres accessibles en terme de prix pour que tout un chacun puisse acquérir de l’art naturellement.

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Quel message veux-tu porter dans tes œuvres ?
J’aime à penser que mon message de paix, d’amour et de joie touche les gens… Je ne suis pas forcément attiré par le côté sombre de l’Homme ou de la société et cela se ressent dans mon travail. Il m’arrive d’être sombre et dur mais c’est avant tout pour montrer les travers de notre monde. Je déteste l’injustice et l’intolérance.

Est-ce que tu te définis comme étant un artiste engagé ?
Non. Je ne suis pas un artiste engagé mais un citoyen engagé. L’art est par essence un engagement quand on le vit tous les jours comme une recherche de la liberté.

Quels sont tes rêves et tes projets ?
J’ai fait un rêve, celui de peindre un jour avec des artistes de tous les continents un mur qui n’aurait ni commencement ni fin, sur lequel nous laisserions un message d’amour et de paix.

Exposition Akkanobi de Tarek

Souhaites-tu me parler d’autres choses auxquels je n’aurais pas pensé ?
J’invite les lectrices et les lecteurs de cette interview à venir à la galerie Superposition pour y découvrir mes créations car l’art est avant tout un moment de partage et doit se vivre dans la réalité et non dans la virtualité.

Interview : Alexis Fantozzi (Trafalgar Magazine)

Pour infos :

Exposition Akkanobi de Tarek jusqu’au 15 mai à la galerie Superposition [in situ + ex situ] à Lyon.

Galerie Superposition
11 rue Longue à Lyon
Ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 19h00.

Interview de Tarek à la Galerie Superposition

Exposition Akkanobi de Tarek du 12 avril au 15 mai à la galerie Superposition [in situ + ex situ] à Lyon.

Akkanobi // peintures, customs, goodies + les murs de la rue peints sur le thème du masque.

Galerie Superposition
11 rue Longue à Lyon
Ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 19h00.

Bande de annonce – Drawing in Rennes

Un film réalisé par Kedo.

Tarek ITW sur les arts urbains 2

Tarek ITW sur les arts urbains 1

Interview de Tarek au sujet du graffiti et du street art

Brain Magazine – Interviews – Paris sous les bombes

Tarek à l'Atelier 17Tarek Ben Yakhlef est scénariste de BD, peintre, photographe, journaliste et documentaliste ; il a étudié l’Histoire médiévale et la philosophie, signé un mémoire sur les néo-platoniciens à Bagdad pendant l’âge d’or des Abassides, donné des cours de français à Damas, sorti une soixantaine d’albums de BD et raflé v’là les prix ; et en 91, pendant sa pause clope, il marque l’Histoire du graffiti français en publiant Paris Tonkar, le premier recueil de photos sur le graffiti à Paris. 23 ans plus tard, avec Olivier B., il exposait ses photos au Workshop à Paris – jusqu’au 16 avril dernier -, en attendant la ré-édition de Paris Tonkar et la sortie d’un volume 2, prévu l’année prochaine. Pense à dormir aussi, Tarek…

La suite de l’interview : Brain Magazine – Interviews – Paris sous les bombes.

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : Tarek : Le conteur d’histoire

Tarek est scénariste de bande dessinée ainsi que peintre.

MoonIl a obtenu une maîtrise en histoire médiévale, puis une autre en histoire de l’art à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Très motivé, il a également suivi des études de philosophie et d’Arabe classique. Son parcours universitaire, Tarek y tient beaucoup. Il reste persuadé que la qualité de l’enseignement l’a conduit sur la voie de la réussite.
Encore aujourd’hui, il se souvient de ses années d’étude à l’université, il raconte avec plaisir ses souvenirs de sorbonnard, dont il garde en mémoire la liberté et la confrontation intellectuelle, l’apprentissage et la fréquentation d’esprits supérieurs : « Je pense que je suis devenu une ‘bête de travail’ grâce à ces années où j’ai appris le sens du travail bien fait et rigoureux. » déclare-t-il.

Passionné de livres et d’Histoire, il se lance avant même d’avoir fini ses études doctorales dans la BD. Il ne connaitra donc pas le traquenard de la recherche du premier emploi.

Lorsqu’on interroge Tarek sur le rapport entre ses études et son métier, il répond qu’il n’y en a aucun « J’avais envie d’écrire des livres et de peindre… C’est ce que je fais actuellement… Le hasard des rencontres m’a permis de publier un album en 2000, cela m’a plu et j’ai donc décidé de continuer » explique-t-il.
Cependant s’il n’y a pas de lien direct entre l’Histoire et la BD, le scénariste ne manque pas de les rapprocher : notamment avec ses bandes dessinées dites historiques. L’une d’entre elles, celle d’un espion Sir Arthur Benton, entend bien montrer qu’un événement peut être lu de plusieurs manières. Le message de Tarek est clair : « la société doit apprendre de ses erreurs pour s’améliorer sinon la tentation du pire revient d’une manière sournoise… L’espionnage permet de parler de ces choses là, car par définition, c’est une histoire secrète. »

La suite de l’article : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne: Tarek : Le conteur d’histoire.

Interview sur Artist UP

Il y a quelques mois, nous vous parlions ici de Vincent Pompetti et de son œuvre, aujourd’hui nous nous entretenons avec Tarek, son principal collaborateur. Scénariste, graphiste, peintre, photographe… Tarek cumule les arts et se passionne pour tout.

Fan de street art, il a sorti Paris Tonkar en 1991, son premier livre sur le sujet et référence mondiale dans le grafitti. L’auteur souhaite publier une édition anniversaire d’ici peu, affaire à suivre.

Il y a énormément à dire sur Tarek, il aime l’histoire, le beau, la rue… Il nous raconte qui il est et comment il voit le monde dans la suite de l’article.

Suite de l’interview : Artist UP – Article – Tarek.

Artist UP :: interview de Tarek